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Les séparés

N'écris pas. Je suis triste, et je voudrais m'éteindre.
les beaux étés sans toi, c'est la nuit sans flambeau.
J'ai refermé mes bras qui ne peuvent t'atteindre,
Et frapper à mon coeur, c'est frapper au tombeau.
N'écris pas !

N'écris pas. N'apprenons qu'à mourir à nous-mêmes
Ne demande qu'à Dieu... qu'à toi, si je t'aimais!
Au fond de ton absence écouter que tu m'aimes,
C'est entendre le ciel sans y monter jamais.
N'écris pas !

N'écris pas. Je te crains ; j'ai peur de ma mémoire;
Elle a gardé ta voix qui m'appelle souvent.
Ne montre pas l'eau vive à qui ne peut la boire.
Une chère écriture est un portrait vivant.
N'écris pas !

N'écris pas ces doux mots que je n'ose plus lire:
il semble que ta voix les répand sur mon coeur;
Que je les vois brûler à travers ton sourire;
Il semble qu'un baiser les empreint sur mon coeur
N'écris pas !

 

 Marceline Desbordes-Valmore (1786 - 1859)



 

 

 

 

L'invitation au voyage

Mon enfant, ma soeur,
Songe à la douceur
D'aller là-bas vivre ensemble !
Aimer à loisir,
Aimer et mourir
Au pays qui te ressemble !
Les soleils mouillés
De ces ciels brouillés

Pour mon esprit ont les charmes
Si mystérieux
De tes traîtres yeux,
Brillant à travers leurs larmes.

Là, tout n'est qu'ordre et beauté,
Luxe, calme et volupté.

Des meubles luisants,
Polis par les ans,
Décoreraient notre chambre ;
Les plus rares fleurs
Mêlant leurs odeurs
Aux vagues senteurs de l'ambre,
Les riches plafonds,
Les miroirs profonds,
La splendeur orientale,
Tout y parlerait
À l'âme en secret
Sa douce langue natale.

Là, tout n'est qu'ordre et beauté,
Luxe, calme et volupté.

Vois sur ces canaux
Dormir ces vaisseaux
Dont l'humeur est vagabonde ;
C'est pour assouvir
Ton moindre désir
Qu'ils viennent du bout du monde.
- Les soleils couchants
Revêtent les champs,
Les canaux, la ville entière,
D'hyacinthe et d'or ;
Le monde s'endort
Dans une chaude lumière.

Là, tout n'est qu'ordre et beauté,
Luxe, calme et volupté



Charles Baudelaire
(1821- 1867)


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COMPLAINTE DE RUTEBOEUF  
(1230-1285)

Que sont mes amis devenus
Que j’avais de si près tenus
Et tant aimés
Ils ont été trop clairsemés
Je crois le vent les as ôtés
L’amour est morte
Ce sont mes amis que vent emporte
Et il ventait devant ma porte
Les emporta
Avec le temps qu’arbre défeuille
Quand il ne reste qu’en branches feuille
Qui n’aille à terre
Avec pauvreté qui m’atterre
Qui de partout me fait la guerre
Au temps d’hiver
Ne convient pas que vous raconte
Comment je me suis mis à honte
En qu’elle manière
Que sont mes amis devenus
Que j’avais de si près tenus
Et tant aimés
Ils ont été trop clairsemés
Je crois le vent les as ôtés
L’amour est morte
Le mal ne sait pas seul venir
Tout ce qui m’était à venir
M’est avenu
Pauvre sens et pauvre mémoire
M’a Dieu donné le Roi de Gloire
Et pauvre rente
Et droit sur moi quand bise vente
Le vent me vient, le vent m’évente
L’amour est morte
Ce sont mes amis que vent emporte
Et il ventait devant ma porte
Les emporta
L’espérance de lendemain
Ce sont mes fêtes

 

 

 

  




 

 

 

 

 

 

 

 

 

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Jeudi 7 août 2008

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Adieu la vie, Adieu l'Amour
Je vous laisse ici pour toujours!
Je pars pour trouver la Limite
L'image qu'un reflet imite
De cet homme que je ne suis
Qu'en ce miroir où je m'enfuis

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Aux rêves de terres nouvelles
Que l'espace infini renouvelle
Quand  mes yeux noyés de lumière
Voient au bout d'un destin austère
L'herbe ondoyant sur les vallons
Quand passe un troupeau de bisons!

Bodmer-buffalo-Hunt.jpg
Je retrouverai ces contrées
Où la beauté j'ai rencontrée
Dans la profondeur des regards
D'hommes purs à maints égards
Quand la Nature d'eux prend garde
Et qu'un grand horizon s'attarde

Au soir de si belles lueurs


tipi-lasalle.jpg
A vous faire flancher le cœur
Du bonheur clair de l'insouciance
Quand les guerriers ensemble avancent
Prêts à mourir pour leur Nation
Aux flancs houleux des étalons!

indienhokahey.jpg
Mais quand se tairont les fusils
Ceux qui resteront de  nos fils
Pourront-ils en charges brutales
Vaincre encor ces visages pâles
Qui plus nombreux s'en reviendront
Hâter notre extermination…

Custer.jpg
Tandis que  l'Esprit des prairies
Foule à jamais l'herbe chérie
Je garderai l'image en moi
De l'harmonie en seule foi
Qu'à leurs totems les sachems gravent
Pour n'être de personne esclaves!

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L e 25 juin 1876 à 15H20 la bataille de Little Big Horn (ou Little Bighorn, Custer's Last Stand - l'ultime résistance de Custer) s’engage à proximité de la rivière Little Bighorn (affluent du Bighorn, un affluent du Yellowstone), dans le Montana.
Elle oppose les 647 hommes du 7e régiment de cavalerie de l'US Army du lieutenant-colonel George A. Custer à une coalition de Cheyennes et de Sioux rassemblés sous l'influence du chef sioux Sitting Bull (Taureau Assis).
Sitting-Bull.jpg

Le commandement des attaques indiennes au 25 juin est confié et mené par les chefs sioux CRAZY HORSE (Cheval Fou) et  GALL et le chef cheyenne LAME WHITE MAN.
Gall.jpgCrazyHorse.jpg

Le dernier carré de cavaliers américains succombe à 18h20 après des combats acharnés (cet épisode deviendra légendaire sous le nom de "Dernière résistance de Custer", Custer's Last Stand).
A Little Big Horn 263 hommes du 7e de cavalerie trouvent la mort, et 38 sont blessés. Les dernières recherches des historiens laissent penser que les pertes indiennes ont été très lourdes, allant de 190 morts et 200 blessés au total à 200 morts sur le champ de bataille, sans compter les morts par blessure... Globalement, la moitié de ses 647 hommes du 7e de cavalerie est hors de combat (tués/blessés) et les Indiens d'Amérique ont perdu environ un tiers de leurs 1500 guerriers disponibles .

Cette bataille eut un grand retentissement dans l'opinion publique américaine, et conduisit au massacre de la Wounded Knee Creek, quatorze ans plus tard.
Elle constitue la dernière grande victoire indienne et marque le déclin définitif de grande nation sioux des prairies de l’Ouest américain.


Illustrations tirées pour l'essentiel des œuvres des grands Peintres du monde indien :
Karl BODMER (Zurich 1809 - Barbizon 1893)et George CATLIN (Wilkes-Barre, Pennsylvanie, 1796 - Jersey City, New Jersey, 1872).

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sources : http://fr.wikipedia.org/wiki/Bataille_de_Little_Big_Horn
Voir aussi le site des amis de Little big Horn : http://www.friendslittlebighorn.com/

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Lundi 28 juillet 2008

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Sur le lac au matin s'est levé le soleil
Inondant de lumière et d'un reflet vermeil
Au doux scintillement rougeoyant de sa flamme
Les écharpes de brume aux fins cheveux de femme…

De ses rayons rasants, traversant le feuillage
Brillant de mille feux sur l'onde claire et sage
Il a levé le voile aux elfes ignorés
Pour tracer dans leur vol un arc en ciel doré….

J'avais marché longtemps retrouvant solitaire
Le goût d'un grand silence et sa quiétude austère
Quand de verser mes pleurs sans pouvoir m'épancher
J'avais genoux à terre autant qu'à trébucher…

Et mes pas m'ont mené au seuil de cette berge
Où j'ai senti le froid de mon corps qui s'immerge
En plongeant dans les flots pour mieux y dériver
Et y couler ma vie à n'en plus rien rêver…

Oui, combien j'étais triste et combien la souffrance
Me faisait ignorer cette grande élégance
Que la nature endosse en nous offrant toujours
Aussi subtile ambiance en ultime secours…

Alors je suis resté à regarder l'aurore
Dissiper le brouillard dessus les mandragores
Et j'ai pensé à toi, combien tu aimerais
A vivre cet instant lorsque tu reviendrais…

Mais quand sera ce jour, alors qu'hiver approche
Que mes saisons s'en vont au temps qui s'effiloche,
Où tu viendras t'étendre au tapis des sous bois
Me donner ce printemps qu'à ta source je bois ?

Et puis revint le jour dans sa magnificence
Pour dissiper mon rêve et son exubérance,
Et le lac au matin ou naquit ce soleil
M'inondant de lumière en son halo vermeil…


Première publication : 10 octobre 2007

29905.jpeg 


Photos : Fabrice Cahez

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Dimanche 13 juillet 2008

Au temps qui passe doucement
Dans le dédale de nos  ans
Et la course contre le temps
Où nous voulions être devant
Ouvrir la route à nos enfants
Pour les voir si loin maintenant!

A ce temps là,
Je lègue …

Au temps qui va rapidement
Emportant subrepticement
Un peu de vie à chaque instant
Et ce courage en se levant
D’en  accepter le reniement

Lorsque blêmit ce  matin blanc…

A ce temps là,
Je donne…

Au temps qui reste maintenant
Alourdi par les jours d’antan
Et bousculé par le présent
A ne vivre qu’ente les temps
Quand il ne reste des  printemps
Que l'Amour éternellement!

Au temps qui passe,
Au temps qui va,
Au temps qui reste…

Je lègue, je donne, ce chant!
 


©lailesurlaplume

  Cette chanson de Serge Reggiani
Prenez le temps de l'écouter
De la lire
De la vivre
Ici...

Paroles: Jean-Loup Dabadie,

 musique: Alain Goraguer, © 2002



Combien de temps...
Combien de temps encore
Des années, des jours, des heures , combien?
Quand j'y pense mon coeur bat si fort...
Mon pays c'est la vie.
Combien de temps encore?...
Combien?


Je l'aime tant, le temps qui reste...
Je veux rire, courir, parler, pleurer,
Et voir, et croire
Et boire, danser,
Crier, manger, nager, bondir, désobéir!
J'ai pas fini, j'ai pas fini
Voler, chanter, parti, repartir
Souffrir, aimer!
Je l'aime tant le temps qui reste!


Je ne sais plus où je suis né, ni quand
Je sais qu'il n'y a pas longtemps...
Et que mon pays c'est la vie
Je sais aussi que mon père disait:
Le temps c'est comme ton pain...
Gardes en pour demain...



J'ai encore du pain,
Encore du temps, mais combien?
Je veux jouer encore...
Je veux rire des montagnes de rires,
Je veux pleurer des torrents de larmes,
Je veux boire des bateaux entiers de vin
De Bordeaux et d'Italie
Et danser, crier, voler, nager dans tous les océans
J'ai pas fini, j'ai pas fini!!!
Je veux chanter
Je veux parler jusqu'à la fin de ma voix...
Je l'aime tant le temps qui reste...

Combien de temps...
Combien de temps encore?
Des années, des jours, des heures, combien?
Je veux des histoires, des voyages...
J'ai tant de gens à voir, tant d'images..
Des enfants, des femmes, des grands hommes,
Des petits hommes, des marrants, des tristes,
Des très intelligents et des cons,
C'est drôle, les cons, ça repose,
C'est comme le feuillage au milieu des roses...

Combien de temps...
Combien de temps encore?
Des années, des jours, des heures, combien?
Je m'en fous mon amour...
Quand l'orchestre s'arrêtera, je danserai encore...
Quand les avions ne voleront plus, je volerai tout seul...
Quand le temps s'arrêtera..
Je t'aimerai encore
Je ne sais pas où, je ne sais pas comment...
Mais je t'aimerai encore...
D'accord ?...




                               En Hommage à Serge Reggiani ....

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